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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 10:44


 Mba manga et Dzié Manga étaient issus du même sein, mais se brouillèrent pour une bouture de taro. L’une fut souche des Ewondo, l’autre souche des Bënë. Au bout de peu d’années éclatèrent entre ces deux branches des Manga Embolo de fortes palabres qui aboutirent à de nombreuses guerres. Dans la guerre dont il s’agit, le chef Atangana Esomba, qui mourut à Mvolyé, se distingua par son énergie. La palabre avait débuté entre Bënë, mais la maison Bënë mvog Belinga appela à la rescousse les Ewondo. La colère entre Bënë, mais la maison Bënë et Ewondo, toujours en désaccord, redoubla. Un message d’Owona Metugu, le plus farouche grand chef des Bënë, du Mvog Owondzuli, annonça aux Ewondo qu’il faisait appel à tous les Bënë pour venir leur faire la guerre à Mvolyé. Ce message atteignit atangana Esomba, homme également intrépide et chef éprouvé des mvog Atemengué, une branche des mvog Tsungi Mbala. C’est pourquoi tous les Ewondo l’avaient élu pour lui demander d’établir sa résidence à la frontière des peuples ; aussi avait-il construit son gros village Mvolyé (= »Exigence difficile à satisfaire »).

  Quand Atangana reçut ce message, il fut d’abord étonné et frappa dans ses mains. Puis, stupéfait, il déclara : « Owona Metugu croit-il vraiment dans son cœur que les Ewondo m’ont posé à la frontière en vain ? Allez vite lui dire que lorsqu’il ne fait pas la guerre derrière (en traître), c’est moi qui sors avec mes troupes pour ravager les Bënë et tout leur pays. Maintenant, qu’il me dise d’abord pourquoi les Mvog belinga ont appelé les Ewondo à la rescousse. » Puis il alla au tambour de guerre et le frappa d’un seul coup si fort que son bracelet tomba ; et les tambours se mirent à résonner à la ronde dans dans le pays tout entier. Voici que quand l’aube se lève, Osam Nanga (=les Ewondo) accourus nombreux se pressent dans sa cour. Ils préparent les médicaments de guerre, ils exécutent leurs danses de joie et de victoire. Alors Atangana Esomba s’avança leur dire : « O Mba Manga-o ! Venus d’aval et d’amont ! Si un étranger s’aventure en guerre sur mon sentier, que personne ne tire un coup de lance ou de fusil avant que tous les autres ne soient engagés sur mon territoire ; dès que j’aurai donné le premier coup de fusil, alors que tous se livrent au combat. » Il brandit ses lances, et tous donnèrent leur approbation.

 Aussitôt après, Owona Metugu se hâte d’arriver en guerre à Mvolyé. Les ewondo font comme ils l’ont conclu d’un commun accord. Dès qu’Atangana Esomba eut donné le signal du départ, les fusils se mirent à parler comme le maïs sec qui crépite sur le feu. Un mortier à noix de palmes et un petit pilon sortirent d’une maison comme si une main invisible les poussait par derrière. A la vue de ce grand prodige, les Bënë commencèrent à se débander en désordre et vinrent s’abattre sur le bord de la rivière Mfundi. Les ewondo se mirent à les tuer.

Les cadavres, les blessés et les prisonniers étaient impossible à compter. Le chef Owona Metugu lui-même, en se sauvant, en vint à se retrouver tout seul sain et sauf en ayant dépassé son propre territoire ! Ce jour- là, un Mvele du parti des Bëne attrapa Esomba Ngonti, frère d’Atangana Esomba, comme captif de guerre. Alors Kungu Ntolo, ami d’Esomba Ngonti, donna à cet homme un coup de canon de son fusil sur la bouche en lui cassant des dents qui tombèrent. J’ai connu moi-même cet homme avec sa bouche édentée au village du chef Ondo Bidzigi près de Mvolyé.

A la suite de cette guerre, Ewondo et Bënë se réconcilièrent étroitement. Ils ne parlent plus aujourd’hui que d’une seule voix. Le jour où cette guerre eut lieu, ma mère enceinte s’enfuit en brousse et parvint du côté d’Elumden. Puisqu’elle me mit au monde durant cette fuite de guerre, elle me surnomma « le Réfugié fuyard de la guerre d’Owona Metugu ». Mon père lui-même me nomma du nom de son ami de même nom que lui, le chef Atangana Ntsama, qui venait de mourir chez les Mvog Fouda. Quand mon père, cet homme très courageux, mourut, voici environ vingt-cinq grandes saisons sèches, les blancs n’étaient pas encore venus, et les gens demeuraient sauvages.

 Pour ses funérailles, les Ewondo égorgèrent cinq cent animaux domestiques, car ils savaient que mon père était un être important. Atangana Esomba fit beaucoup d’autres guerres dont je ne suis pas capable de donner un compte-rendu exact. Cet article appartient à une série d'extraits du livre rédigé en langue Ewondo par le Chef Charles Atangana.
Vous trouvez à la suite de l'article en français, la version originale (Ewondo). Version originalelink

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