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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 07:43

 

                               Sur le chemin d’une libération de conscience

 

Dans l’école  de cette belle création, nous vivons souvent sans  reconnaître  l’action de La VOLONTE Supérieure,  qui  partage chaque jour nos vies par sa présence  aimante : souvent par  des inspirations,  des moments de grandes joies ou des châtiments, des guidances, des morts ou des naissances … et bien d’autres

 

Le rite Isié  peu connu dans la culture Beti est  un exemple remarquable, par  l’effacement de la Volonté humaine, face à celle du Roi de ce monde .Elle nous invite également  à ne point négliger le devenir de notre esprit.

 

Ce rite est très peu connu parce qu’il se pratique très rarement  dans la société culturelle Beti. On le pratique lorsque dans une communauté  ou dans un village, un membre de celle-ci  se trouve déchirée par une maladie  face à laquelle tout le village ne peut que constater son impuissance. Le corps du malade ne vivant que des souffrances des plus interminables,  les patriarches  n’ont plus une autre alternative que celle de convoquer  toutes les personnes vivant dans ce village pour qu’ensemble et en parlant d’une même voie, ils réalisent le rite Isié.

Ceci consiste à sortir le malade de son isolement et de le confronter à toutes les personnes qui reconnaissent avoir été offensées ou blessées par lui, quelque soit la manière. Car pour le village, il est possible que ce soit peut-être à cause d’  un  nœud  non  dénoué  que le malade connait  de telles horribles souffrances. C’est ainsi qu’en pleine assemblée et à tour de rôle chacun vient exprimer ses expériences malheureuses vécues avec le malade.

L’instant est grave, il n’est pas question de mentir  et en plus le malade peu encore s’exprimer  et  les souffrances qu’il connaît amènent tout le monde à faire fondre son mur de haine et ne donner place qu’à la compassion. La convocation des populations se fait par les patriarches aux premières lueurs du jour et de façon tout à fait inattendue.

  Le malade désirant abréger ses souffrances, ayant des forces diminuée voit ainsi défiler devant lui frères,  sœurs, cousins et épouses. Il écoute souvent sans rien dire tout le mal que ceux ci n’ont pas souvent pu avouer quand il était en possession de toutes ses forces. C’est très douloureux, il se retrouve ayant  perdu par  des souffrances  tout son prestige. Et très souvent, il ne peut que couler des larmes.

 

Le village quant à lui est meurtri et voudrait pouvoir aider un des leur. Tous individuellement  et à tour de rôle pardonne tout au moins en parole séance tenante leur frère malade qui est  tenu par une Force Supérieure qui seule détient les clés.

 

Par la suite les célébrant invite  chacun des villageois présent  peut-être après un mot du malade, à aller chercher chacun une herbe de leur choix en  forêt. Le patriarche célébrant rassemble ces herbes et en fait un  mélange avec de l’eau, puis invite individuellement de nouveau, tous ces participants  et également le  malade à y laver leur corps et leur visage. Ce lavage étant  le symbole de la pureté de leur vouloir et de leur affranchissement vis-à-vis des douleurs que connaît leur frère, sœur,  époux, épouse  père ou mère.

 Le célébrant interdit aux participants de prendre un autre bain   jusqu’au lendemain. Ce  lavage étant terminé, celui-ci  au nom de tout le village remet le malade entre les mains de la Volonté du Seigneur en l’invitant à continuer à examiner sa conscience  sur ce qui l’a conduit devant une telle situation.

Le  village quant à lui à travers  le pardon à titre individuel et le rite Isié  à titre collectif se voit lui avoir offert ainsi leur aide la plus précieuse.

 

  J’espère vous avoir fait vivre à travers ces lignes  de la manière la plus fidèle,   ce qui s’est inscrit en moi   en ce qui concerne ce rite très effacé.

 

Avec joie

 

Esingan

 

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