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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 07:43

 

                               Sur le chemin d’une libération de conscience

 

Dans l’école  de cette belle création, nous vivons souvent sans  reconnaître  l’action de La VOLONTE Supérieure,  qui  partage chaque jour nos vies par sa présence  aimante : souvent par  des inspirations,  des moments de grandes joies ou des châtiments, des guidances, des morts ou des naissances … et bien d’autres

 

Le rite Isié  peu connu dans la culture Beti est  un exemple remarquable, par  l’effacement de la Volonté humaine, face à celle du Roi de ce monde .Elle nous invite également  à ne point négliger le devenir de notre esprit.

 

Ce rite est très peu connu parce qu’il se pratique très rarement  dans la société culturelle Beti. On le pratique lorsque dans une communauté  ou dans un village, un membre de celle-ci  se trouve déchirée par une maladie  face à laquelle tout le village ne peut que constater son impuissance. Le corps du malade ne vivant que des souffrances des plus interminables,  les patriarches  n’ont plus une autre alternative que celle de convoquer  toutes les personnes vivant dans ce village pour qu’ensemble et en parlant d’une même voie, ils réalisent le rite Isié.

Ceci consiste à sortir le malade de son isolement et de le confronter à toutes les personnes qui reconnaissent avoir été offensées ou blessées par lui, quelque soit la manière. Car pour le village, il est possible que ce soit peut-être à cause d’  un  nœud  non  dénoué  que le malade connait  de telles horribles souffrances. C’est ainsi qu’en pleine assemblée et à tour de rôle chacun vient exprimer ses expériences malheureuses vécues avec le malade.

L’instant est grave, il n’est pas question de mentir  et en plus le malade peu encore s’exprimer  et  les souffrances qu’il connaît amènent tout le monde à faire fondre son mur de haine et ne donner place qu’à la compassion. La convocation des populations se fait par les patriarches aux premières lueurs du jour et de façon tout à fait inattendue.

  Le malade désirant abréger ses souffrances, ayant des forces diminuée voit ainsi défiler devant lui frères,  sœurs, cousins et épouses. Il écoute souvent sans rien dire tout le mal que ceux ci n’ont pas souvent pu avouer quand il était en possession de toutes ses forces. C’est très douloureux, il se retrouve ayant  perdu par  des souffrances  tout son prestige. Et très souvent, il ne peut que couler des larmes.

 

Le village quant à lui est meurtri et voudrait pouvoir aider un des leur. Tous individuellement  et à tour de rôle pardonne tout au moins en parole séance tenante leur frère malade qui est  tenu par une Force Supérieure qui seule détient les clés.

 

Par la suite les célébrant invite  chacun des villageois présent  peut-être après un mot du malade, à aller chercher chacun une herbe de leur choix en  forêt. Le patriarche célébrant rassemble ces herbes et en fait un  mélange avec de l’eau, puis invite individuellement de nouveau, tous ces participants  et également le  malade à y laver leur corps et leur visage. Ce lavage étant  le symbole de la pureté de leur vouloir et de leur affranchissement vis-à-vis des douleurs que connaît leur frère, sœur,  époux, épouse  père ou mère.

 Le célébrant interdit aux participants de prendre un autre bain   jusqu’au lendemain. Ce  lavage étant terminé, celui-ci  au nom de tout le village remet le malade entre les mains de la Volonté du Seigneur en l’invitant à continuer à examiner sa conscience  sur ce qui l’a conduit devant une telle situation.

Le  village quant à lui à travers  le pardon à titre individuel et le rite Isié  à titre collectif se voit lui avoir offert ainsi leur aide la plus précieuse.

 

  J’espère vous avoir fait vivre à travers ces lignes  de la manière la plus fidèle,   ce qui s’est inscrit en moi   en ce qui concerne ce rite très effacé.

 

Avec joie

 

Esingan

 

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 08:25

xange5

 

 

Lorsque les occidentaux arrivèrent en Afrique, ils trouvèrent qu’à l’intérieur de ce grand continent et comme partout ailleurs dans le monde, il existait  une multitude de peuples  aux ressources naturelles, climatiques et spirituelles différentes.  Or parmi ces peuples, il existait au centre de l’Afrique, le peuple Béti.

 

Nous savons qu'il est voulu par le Créateur que les choses soient ainsi faites , car cela profite tout particulièrement aux esprits humains, qui sont ainsi incarnés dans ces différents peuples et ces régions selon leurs affinités et leurs maturités respectives. Il est également voulu  que ces peuples puissent s’exprimer dans la  transformation selon leur genre de leur milieu naturel. Ce qui devient alors  leur bien propre, les identifie et devient leur culture.

 

Ainsi toutes ces cultures, si différentes, se soutenant mutuellement, doivent faire s’élever, dans l’harmonie, des accents d’allégresse à la Gloire du Très Haut.

 

 

Ainsi, tout comme sur terre des cultures de maïs, de riz, de blé, de mil...etc., s’adaptent et s’élèvent dans des régions différentes du monde, les différents peuples de la terre doivent aussi s’élever de celle-ci  par la force de leur esprit tout en s’adaptant aux lois naturelles de leur environnement naturel avec lequel il leur faut trouver un équilibre tout en essayant d’entrainer ce milieu vers le Haut, vers le Royaume spirituel.C’est cela leur mission.

 

 

Nous convenons ainsi, qu’objectivement, aucun peuple n’a le droit d’imiter un autre. L’imitation par un peuple d’une culture différente est absolument insensée ! Un peuple qui passe son temps à imiter la culture des autres peuples, ou qui fait de cette imitation des autres cultures, son mode de vie est un peuple qui régresse et n’occupe pas sa place. Il ne peut en être autrement car un tel peuple,  sans bases  spirituelles, sans identité est un peuple qui se meurt spirituellement. Il n’a aucune maturité, peu importe le genre de raisons que son intellect ergoteur et astucieux lui donne.


Il en est ainsi et pas autrement. Il n’a pas droit à la vie !


 

Le Seigneur n’a jamais voulu qu’il existe un genre de super culture mondiale qui de plus est, une culture basée sur le matérialisme comme c’est le cas aujourd’hui avec la « culture »  que promeuvent les institutions financières et les marchés soutenus sans toutefois l’avouer ouvertement ou par ignorance, les savants intellectuels, les politiciens, les journalistes,  l’Eglise dans une argumentation historico- dogmatico -géopolitico- scientifico- économico douteuse qui fait « l’affaire » du malin  et dont l’intention est de conduire l’humanité à la posthumanité avec ses homme augmenté par la technologie et l’immortalité biologique commerciale. Ce qui pour ces ténèbres est une étape majeure.

 

Ne s’agit-il pas pour elles, ici une fois pour toutes, d’enterrer dans la réalité  les talents (l’esprit et ses valeurs) dans le mouchoir (la matière) en se moquant  de La Volonté du Seigneur avec une humanité qui se rend coupable par son sommeil?


 

Ceci dit,  la seule chose  pour les esprits humains  et les peuples qui leur  est commune, c’est La Sainte Parole sacrée pour Laquelle Le Seigneur ne cesse d’envoyer Ses serviteurs afin de préparer l’homme. Il s’agit ici  de l’aider afin d’accueillir Celle-ci dignement.

 

 

 

 

 

 

 

 

L’HOMME BETI DANS SA TRADITION

 

 

Lorsque l'homme blanc,étant incontestablement le plus évolué,  dont la mission aurait été normalement d’apporter La Parole Sainte à l’Afrique et de préparer l’homme africain à recevoir le Fils de l’Homme arrivèrent, ils trouvèrent que mán béti (l’homme béti), menait sa petite vie qui consistait à développer et à conserver les valeurs qu’il s’était acquise, sur le plan spirituel ou plus précisément dans ses contacts avec la nature et les plans de l’au-delà,  toutes chose qui lui avaient déjà donné une identité et une culture propre

 

L’’identité et la culture de man Béti voulaient que :

 

Mán béti ane akab. autrement dit, l’homme béti, le vrai, devait avoir un sens élevé du partage ; il devait être « large » pour être reconnu des siens!  C’est ainsi qu’à l’époque par exemple, les gens mangeaient dehors, depuis la cours de leurs cases, ils invitaient cordialement les passants à venir partager leur repas. En général, l’histoire nous apprend que contrairement à ce que beaucoup peuvent croire aujourd’hui, le voyage en pays béti était loin d’être ennuyeux sans les automobiles. Même s’il prenait des semaines, l’homme était partout bien accueilli, il recevait partout gîte et couvert ,étranger ou non.


On pouvait trouver par exemple une femme même sans enfants propres à elles,  qui s’évertuait à préparer toujours des grands mets pour les enfants inconnus qui rentraient de l’école, qui faisait l’effort de puiser de l’eau qu’elle plaçait pour ceux-ci au bord de la route...etc., en général, on rencontrait souvent des régimes de bananes aux bords des routes pour les voyageurs.

 

Mán béti ane idzori nyol c'est-à-dire qu’il est humble

 

Mán béti ane mewóg c'est-à-dire qu’il écoute la voix de la sagesse

 

Mán béti ane abiáli, avúmen ceci veut dire que l’homme béti doit trouver sacré le moindre liens de sang qui l’unit à ses frères et sœurs partout dans le monde.  Qu’il devait tout faire pour garder pur ce lien qui s’étendait sur plusieurs générations et se battre pour l’épanouissement de chacun de tous ceux qui, avec lui,  portent en eux ce lien.

 

L’homme Beti, ne devait jamais abandonner à lui-même l’un des siens quel que soit la circonstance où il se trouve ; joyeuse ou malheureuse. Ce sentiment d’abiáli et d’avúmen faisait aussi que l’enfant n’appartenait   pas foncièrement au géniteur mais à tout le monde porteur du lien de sang appelé à  l’élever et à le nourrir. A titre d’exemple, les enfants pouvaient dormir dans n’importe quelle case du village et recevoir le même amour partout.

 

Mán béti ane olúgú ceci signifie l’homme béti devait être un champion dans l’art de témoigner le respect  à l’autre. Cela se justifie par le fait que les Beti s’appelle Nti c'est-à-dire seigneur.

 

Mán béti ane ntómba ; veut dire que l’homme béti est partout reconnaissable pour sa noblesse.

 

Man béti a yem nkóbo veut dire que l’homme béti doit être partout reconnaissable par son savoir parler et son éloquence.

 

De façon générale le béti n’est l’esclave de personne et de rien.

 

D’ailleurs chez les Beti, il n’y a à proprement parler pas de chef, mais plutôt des guides appelés zomloa s’il s’agit d’un homme et asouzoa s’il s’agit d’une femme qui étaient des personnes sur qui le peuple s’appuyait.  Le Béti est un seigneur ; un noble et même de par ses observations et expériences dans la nature, il sait que idu isë inë ntómba a mbil woé(chaque souris est grand et noble dans son trou).


Mbi Ntoúm (littéralement celui qui tient le bâton au niveau de son clan). Le Mbi Ntoúm a entre autre pour rôle de présenter aux peuples du monde, les résolutions prises en assise(appelée isoak). 

 

 

Chez le Beti, être matériellement riche ou pauvre en soi ne compte véritablement pas. Riche ou pauvre, chacun doit être avant tout ntómba(noble).

 

Etre riche, ábi akúmá ce qui fait de vous un nkukumá ne vaut que pour vous et vous êtes méprisables si vous n’êtes pas en même temps avúmen (ne reconnaissez pas les vôtres).

 

Les Beti reconnaissent beaucoup plus un nfáñ möt  mot qui a un double sens et qui signifie dans le premier sens un vrai homme et dans le second, un homme qui est fortement uni aux siens.

 

La richesse matérielle ne prouve rien chez le béti. Un homme peut être matériellement pauvre et être nfáñ möt. Or un nfáñ möt ne peut pas se vautrer dans la nourriture, se quereller et se battre pour des histoires de nourriture, se faire trainer et bousculer jusqu’au ridicule à gauche et à droite pour des histoires d’argent jusqu’à perdre son statut de ntomba qui caractérise un seigneur. La richesse matérielle ne peut donc servir que d’instrument pour renforcer dans l’émulation que celle-ci procure, les qualités citées plus haut.

 

Rien ne peut enlever au Beti son sentiment d’appartenir à la race des seigneurs. Ainsi les Beti ne s’appellent pas directement par leurs noms. Ils ajoutent à ce nom le mot nti (seigneur), ainsi, nous avons les Nti Owona, Nti Zambo, Nti Zang... ce sont des véritables seigneur de la forêt.

 

Or, si les Beti sont des seigneurs, ceci ne signifie pourtant pas qu’ils ne croient pas en Dieu !


Les Beti croient en Dieu, ce que l’arrivée de l’islam avant l’évangélisation a eut du mal à comprendre et à accepter chez ce peuple.

 

Man Béti a yem Ntondobe,  a yem Nkombot littéralement, L’homme Beti connaît le Tout Puissant, il connaît le Créateur. D’autre part, Man Béti a yem na’a bewu ba kat bar zu. Cela signifie qu’il croit également à la réincarnation.

 

Enfin, une chose caractérise aussi le Beti, c’est que man Béti a diñ kig ndzoañ. Autrement dit, il n’aime pas qu’on le déroute mais plutôt la franchise. D’autre part  la propreté  est pour eux une règle d’or.

 

A-t-il vécu conformément à ces valeurs, alors, lors de son deuil, on lui joue l’ « Esani » qui est la mémoire des valeurs spirituelles du peuple Beti, le chemin à suivre laissé par les ancêtres pour célébrer l’exemple, le modèle d’homme, le mérite, le héros Beti(héros parce qu’il fut un exemple pour les autres)  qui doit rentrer vers Zamba nom donné à Dieu. Car Zamba inya abëlë (c’est à Lui que tout appartient).

 

 

Tout ceci pour dire que Man béti était parvenu à la reconnaissance du fait qu’il était originaire des HAUREURS.


Sa façon de vivre prouve qu’il essayait de vivre afin de pouvoir y retourner un jour dans la dignité et qu’il essayait d’incarner cette façon de vivre dans sa vie terrestre de tous les jours. Mais à la réalité, les Portes du Paradis ne pouvaient pas de façon générale encore être ouverte au Beti car seule une bonne connaissance de la Sainte Parole et sa mise en pratique est le chemin pour tout homme, comme pour tout peuple. Or à cette époque, le Beti n’avait pas encore La Sainte Parole et devait par conséquent attendre son arrivée par l’intermédiaire de l’homme blanc dont c’était la mission, étant le plus évolué dans cette connaissance en cette époque.

 

 

 

                 LA MAUVAISE RENCONTRE

 

 

 

C’est dans les conditions citées ci-haut, et après avoir fuit la religion musulmane au nord du pays avec la légende de la traversée du fleuve Sanaga (ngan medza), que le Béti sans le savoir, dans la guidance de l’Amour du Seigneur part à la rencontre de l’homme Blanc sensé lui apporter la Parole vivante de Dieu qu’il se devait déjà, de vivre de façon exemplaire.

 

Or entre temps, ceux-ci avaient déjà sombré et failli, dans un intérêt purement matérialiste, ils faisaient déjà uniquement commerce de la Sainte Parole de Dieu  sous la forme de la Bible à travers leurs Eglises.

 

Déjà, tous les croyants  dans leurs propres pays étaient dupés sans se rendre compte de la supercherie dont ils étaient devenus des victimes serviles. Les hommes blancs ne réussirent pas à être des exemples, parce que  d'autre part la Bible qu'il avaient  est un témoignage de la PAROLE donnée pars le Fils de Dieu, JESUS.

 

S’il existe un peuple qui fut tout particulièrement victime de cet aspect des choses et qui fut  ici dupé, ce fut le peuple Béti car il était déjà prêt à recevoir cette  Sainte Parole. Que l’Eglise avait déjà failli parce qu’elle s’était assise et même endormie sur Le témoignage de la Parole, et n'avait pas reconnu la Parole par la suite, il ne pouvait le soupçonner.

 

Ces beaux chants qui lui semblaient un écho familier des hauteurs lui ravirent et c’est avec eux qu’on lui subtilisa avec une extrême facilité  tout ce qu’il avait et s’était acquis.

 

La mauvaise nouvelle aujourd’hui, quand on écoute les échos en provenance du monde entier, vient du fait qu’en ce début du troisième millénaire, l’église entend prendre un nouveau souffle en Afrique.

 

L’Afrique va-t-elle une fois de plus être en arrière à l’heure du nécessaire réveil spirituel en cours, et continuer à jouer avec des babioles du genre de celles qui permirent d’envoyer ses fils en esclavage?

 

Son destin, pour une fois de façon inédite, malheureusement la dernière repose  entre ses mains.

 

 

 

 

 

 

LE PEUPLE BETI  AUJOURD’HUI, UN TABLEAU EFFRAYANT


 

S’il est mot à mot vrai que dans la Grâce divine, chacun d’entre nous, chaque peuple, tient aujourd’hui entre ses mains son destin, force peut aussi être de constater que les ravages que les ténèbres firent sur notre humanité sont  dans tous les domaines au bas mot incalculables.

 

Si nous prenons par exemple le cas des descendants des Nobles Beti. Que valent t-ils donc encore aujourd’hui ? Qui mérite encore l’Esani ?... 

 

L’homme Béti d’aujourd’hui, qu’il soit au village ou en ville a  perdu tous ses repères, et traine à longueur de journée arrogant du haut de sa foi aveugle pour laquelle il se bat. Que vaut encore pour lui le fait d’être Ntomba, que vaut pour lui d’être Nfañ mot, avumen... essentiellement des paroles vides de sens, au profil du matérialisme crasseux que promeut l’intellect dans lequel il vit et se complaît.

   

    Aujourd’hui, comme  tous les autres peuples,  le Beti se retrouve sans repère. L’arrivée de la colonisation  est sensée nous avoir civilisée mais, le peuple a cessé d’évoluer depuis lors au niveau de ses valeurs spirituelles et aujourd’hui à l’ère de modernisme, le Beti tend plutôt à régresser de façon significative. L’exemplarité disparaît au profit de la réussite sociale à tout prix.

 

 L’homme Beti dans sa noblesse d’esprit ne devais être qu’un héros parce qu’en parlant d’exemplarité on  parle également d’héroïsme. L’histoire et l’Esani nous révèle que l’homme Beti doit porter de façon vivante en lui l’exemplarité : donc être un héros. C’est également ce qui justifie l’absence d’un chef  chez les Beti parce qu’étant tous des seigneurs, ils se devaient de le rester.

 

   L’appel au réveil est ainsi lancé au peuple Beti de  retrouver sa noblesse en abandonnant l’arrogance et l’orgueil qui a remplacé celle-ci, en faisant évoluer sa connaissance dans les les lois qui régissent la Création entière, car aujourd’hui la Vérité s’est incarnée sur terre et aujourd’hui tous les hommes de la terre doivent devenir libre et noble dans la connaissance de la Vérité.


Cette connaissance est la Sainte parole et elle seule est notre véritable  Zomloa. Le Grand Amour de Dieu nous a toujours guidé et protégé et se penche vers nous et sur tous les peuples de la terre dans Sa Justice pour le grand tri.

 

                      

Le règne où tous les habitants de la terre doivent être des seigneurs  a déjà commencé.

 

 

                             Fom, fom, fom,    Fom, fom

 

 

 

 

 

Sourcelink

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 17:50

L’ « ESANI »,

RITE FUNÈBRE BETI, AU CAMEROUN

OU CÉLÉBRATION DU MÉRITE

 

Dans « esani », prenons d’emblée la partie « san ». En ewondo, le mot « san » revêt deux sens. D’abord, « briller » d’un éclat particulier, puis « danser » d’un pas distingué. L’éclat et le talent sont ici de haut niveau. Pour sa part, la finale « » suggère une idée plurielle : soit briller sur plusieurs, ou danser à plusieurs. Il implique un mort prestigieux et des survivants conscients qui apprécient. L’ « esani » traduit leur hommage posthume. Dans la foulée, il invite à pérenniser l’exemple.

 

A la nouvelle du décès, les plus proches se réunissent. De la concertation sortiront le nom du coordonnateur, la cellule ad hoc des préparatifs, la désignation des dates et lieux de la célébration. Notamment, on rassemble trophées, costumes ou « kaba », outillage, ustensiles de cuisine et autres appareils ménagers, diplômes et/ou distinctions honorifiques ; bref, tous les signes marquants, y compris la place dans la lignée, le rayonnement et le prolongement du mort sur l’arbre généalogique. Voici venu le moment d’un examen sévère sur la nature et la valeur de ses moyens. Aucune complaisance ni négligence sur le vécu quotidien du défunt qui peut avoir édifié ou non. L’unanimité prévaut.

 

A titre négatif, on peut invoquer les critères de l’âge et de la situation matrimoniale (célibataire, sans enfant). Mais les succès l’emportent surtout quand ils sont attribués à l’endurance, au courage, à la fécondité, à l’équité, à la créativité, à la générosité et à la solidarité ou relèvent de la sociabilité. Le résultat positif de tout cela se traduit – souvent dans la nuit – par des you you (ayenga) stridents prolongés. Les musiciens, trois à sept, attendaient là dans un coin, leurs instruments prêts mais muets :

Trois tam-tam (mi nkul) de dimension petite, moyenne, grande

Tambourin (mbè)

Tambour (ngom)

Castagnettes

 

Le coordonnateur fait déclencher l’esani solennel, exclusivement instrumental la nuit. Les premières notes égrènent toujours la clé du code patronymique (ndàn) du défunt. Celui-ci est identifié comme le fils (ou la fille) de la lignée du clan paternel, puis confirmé et précisé par celle de sa mère. Le tam-tam décline quelques qualités particulières au (ou à la) disparu(e) naguère connu(e) comme dynamique, efficace, mais désormais tenu(e) entre les mains de Dieu dans l’immobilité (Zamba nye abele, Zamba nye a bele : fom, fom, fom !).

 

Au cas où c’est ABANDA, on dira :

 

Ndàn :

« Ami(e), abstiens-toi de me dire, moi-même je verrai avec mes propres yeux ».

 

Suit l’annonce :

Il est le fils de la lignée ONDOUA AKOA,

le neveu maternel des mvog nomo

Rejeton mvog abana ba’ana (mvog mbi)

Né de mère mvog zambo, au village kamba II chez les bane,

 habitant le plateau situé entre les rivières ato’o et kombo.

Vous, tous les destinataires, venez voir le fils de votre postérité

que vous avez connu mais désormais dans la raideur de la mort,

fom, fom, fom » !

 

Les thèmes sur les performances du défunt nourriront l’ « esani » toute la nuit, par séquence de 15 à 20 minutes. Dans les intervalles, les femmes spontanément, improvisent des airs de triomphe dansant. Elles en interprètent beaucoup d’autres. Les lamentations et les pleurs se terminent sur le ton plaintif de « savoir qui la (ou le) remplacera » aux fins de continuer ses qualités et ses victoires.

 

Le tam-tam poursuit l’annonce relayée de loin en loin. Les concernés qui le pensent, prennent aussitôt la route. Le jour, ils arrivent par petits groupes homogènes aux abords de la place. Des hôtes les accueillent au rythme de l’esani ; ils sont introduits dans la cour aux emplacements indiqués et disposés d’avance. Les porte paroles respectifs délivrent leur message reprenant tel ou tel point des réalisations à l’actif du défunt, dans tous les domaines où il (elle) a exercé. La durée dépend de l’art de l’orateur et de l’adhésion de la foule (des centaines, parfois des milliers de gens). On a pu compter des dizaines d’interventions. Une séquence frénétique d’esani salue chaque intervention. La ponctuation est animée par des trémoussements cohérents du groupe intéressé.

 

Et les instruments de s’adresser au mort :

«Ô toi qui étais auréolé d’estime,

toi à qui réussissait toute entreprise, une inconnue t’a abattu.

 Aux remèdes, elle a résisté. L’étrange inconnue a refusé tout soin. Elle a rejeté toute proposition. Te voici révulsé, le regard figé, le corps immobile, la bouche bée.

 Va, courbé au cimetière. Courbé en deux, va sous les arbres sinistres, va dans la dignité, va dans la fierté des tiens,

fom, fom, fom ! ».

 

La séquence générale sera chantée, dansée et mimée par tous en plusieurs tours de la place, comme un défilé triomphal, mêlant les enfants, les femmes, les hommes, les adultes, les vieux, tous unis dans un même cœur. Au signal, on va mettre le corps en terre. La seule lamelle retenue du tam-tam émettra de manière décroissante : « fom, fom, fom, fom» !

 

L’esani reprendra à l’installation solennelle du successeur. Le nouveau chef de famille part ainsi avec un modèle bien connu et des plaques indicatrices à réguler vers la direction réputée la meilleure, jusqu’à son propre remplacement et ainsi de suite.

 

Le rite subit des influences en vogue aujourd’hui : l’usage tend à s’installer d’utiliser des moyens immoraux, voire amoraux pour se promouvoir sur l’échelle sociale, économique, administrative ou politique. Mais, subsiste le souci de contribuer à cultiver des valeurs fondamentales communes qui pourraient servir de repères à ce que la frénésie actuelle peut avoir d’excessif et d’aveugle. Peut-être est-ce pourquoi les célébrations religieuses intègrent ce rite « esani » dans leurs cérémonies pour que dure la vie ensemble.

 

Tsoungui Abanda  Sourcelink

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